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Viens, je vais te parler de ma thèse…

Oui, c’est assez… je sais pas… étrange ? Peut-être vous y retrouverez-vous ? Si c’est le cas, je VEUX le savoir en commentaire !

Pendant ton travail de thèse, tu passes par plusieurs phases, en gros :

  • Tu voudrais bien expliquer sur quoi tu travailles, t’es super motivée, à fond, mais t’as du mal à exprimer tout ça, tu t’embrouilles, tu t’y perds et tu finis par te demander si tu as la moindre idée de ce que tu es en train de faire
  • Tu sais très bien sur quoi tu travailles, tu peux faire des phrases à rallonge avec plein de mots hyper spécialisés, hyper compliqués, mais là, nan, t’as vraiment pas envie d’en parler, tu vois, pis de toute façon ils vont rien comprendre, alors bon
  • Tu voudrais t’enfouir sous ta couette et t’y perdre, ne plus retrouver la sortie, pasque tu sais plus du tout sur quoi tu travailles, tu sais juste que t’en peux plus, que t’arrête pas d’écrire, de défaire, de refaire, de tout supprimer, ah punaise nan c’est pas ça que je voulais faire, j’ai fait une sauvegarde, hein, on est d’accord ? Alors te parler de ma thèse, comment te dire ? C’est juste pas possible

Puis, miracle, tu sais pas comment t’as fait, t’es passée de l’autre côté. Si, si, c’est sûr, t’es à fond sur tous les autres trucs post-thèse, donc c’est bien réel. Et là, tu voudrais juste ne plus jamais en parler de toute ta vie. Ter-mi-né ! M’en fous je m’en souviens plus de toute façon alors, me demande pas, je sais pas, pis t’as qu’à lire le manuscrit si ça t’intéresse.

Et ensuite, je mesure pas bien si c’est une question de temps ou de résorption de l’épuisement ou d’accoutumance au retour à la vie sociale, mais d’un coup ça va. Tu veux bien en parler. Et ça te ferait plaisir même. Pas avec des mots compliqués, pas en spécialiste pointue hyper spécialisée dans des concepts complexes. Juste partager. Pas tout. Des petits bouts. Tu ne considères d’ailleurs plus vraiment ta thèse comme un tout incompréhensible indivisible. C’est comme des souvenirs. Des bribes te reviennent.

Voilà comment tu te retrouves, à quelques jours d’intervalle, à parler de petits morceaux de ta thèse, en ce début février 2019 (je me tutoies si je veux, m’enfin !).

Car le 1er février je vais à Toulouse, participer au séminaire COMUИ, qui est consacré aux commentaires numériques et aux organisations et où je parlerai du « mirage Facebook ».

Puis, le 5 février de cette même année, je tenterai de répondre à la question « Comment être acteur de son identité numérique professionnelle ? » lors d’une conférence organisée par l’antenne lyonnaise de l’association Girlz In Web.

Comment ça mon entrée en matière est démesurée ? Je ne vois pas de quoi tu parles. Du tout. (Oui, je continue à me tutoyer, je fais comme chez moi… wait… je SUIS chez moi !)

Passeport biométrique et impensé numérique

En voilà une nouvelle fraîche ! (ironie inside)

J’ai contribué à un chapitre d’ouvrage qui est sorti fin 2016 (oui, la voilà, l’ironie)… à propos de l’impensé numérique.

Ce chapitre examine les discours de presse portés sur la carte d’identité informatisée, puis sur le passeport biométrique, et les compare, les deux corpus étant traités avec deux méthodes différentes d’analyse discursive.

Devinez comment j’ai analysé ceux portés sur le passeport biométrique ? Voui, Iramuteq, what else?

Daniel Pélissier, utilisateur chevronné d’Iramuteq, qui a d’ailleurs publié un excellent manuel de prise en main (augmenté d’un corpus permettant de suivre toutes les étapes pas à pas), a signalé la parution de l’ouvrage avec un commentaire fort sympathique 😉 dans la liste de diffusion consacrée au logiciel.

Au delà de ce chapitre, l’ouvrage est le premier tome (#teasing) d’une série s’attachant à l’impensé numérique et dirigée par Pascal Robert. Donc si vous avez tout suivi, un second tome ne devrait pas tarder…

En attendant, voici quelques informations complémentaires sur le site de l’éditeur.

Iramuteq : quelques références utiles

Après la narration de mes aventures dans ma découverte d’Iramuteq, ce blog reçoit régulièrement la visite de lecteurs qui semblent rechercher quelques informations pratiques sur ce logiciel. En témoignent le nombre de commentaires que ce billet a suscité : c’est le plus « populaire » à ce jour 😉
J’ai d’ailleurs encore récemment échangé avec une utilisatrice d’Iramuteq par ce biais.
Alors je me suis dit : bon, ok, tu as partagé ton « mode d’emploi » pour l’avant-analyse, et si tu partageais, cette fois, sur l’après ?
Car l’outil est impressionnant, il fournit quantité d’informations, de calculs, de représentations graphiques, mais comment interpréter tout cela quand on n’est pas vraiment spécialiste du domaine ?
[Vous me direz, si on n’est pas suffisamment calé sur la question, il vaut peut-être mieux ne pas utiliser ce type de logiciel, et je ne suis pas loin de le penser, tant la facilité avec laquelle on obtient des « résultats » est vertigineuse et déconcertante.]
Les calculs sont lancés, des résultats sont affichés, le tout en quelques secondes.
Et maintenant, on fait quoi ?
Loin d’être experte, je vous propose simplement ci-dessous une petite liste de références d’ouvrages et d’articles qui m’ont été très utiles pour comprendre ce qui se passait (en gros) lors des calculs, et donc pour m’orienter dans l’interprétation des informations que j’avais sous les yeux. Si vous connaissez d’autres sources utiles, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires, je les ajouterai volontiers.

Bien entendu, dès le début de mon apprentissage, j’ai d’abord utilisé la documentation qui est disponible sur le site web du logiciel. Je vous recommande également, dès le début, de vous abonner à la liste de diffusion qui est consacrée au support. On ne reçoit pas un gros volume de messages, mais c’est instructif de les lire au fur et à mesure, car on apprend aussi par ce biais, au travers des réponses apportées.

Toujours à propos du site web consacré au logiciel, une page qui n’existait pas encore quand je l’ai utilisé et qui me paraît bien utile : il s’agit d’études publiées qui se sont appuyées sur Iramuteq.

Enfin, donc, les références qui m’ont été fort utiles :

Fénelon, J.-P. (1981). Qu’est-ce que l’analyse des données ? Paris : Lefonen.
Un ouvrage que j’ai emprunté en bibliothèque et qui a l’avantage de présenter les choses pour des « non mathématiciens ». Il va dans le détail, et permet de bien comprendre « ce qui se passe » au niveau des différents calculs effectués. Il donne des clés essentielles pour l’interprétation, il m’a beaucoup aidée pour les AFC notamment. Un lien utile pour le trouver en bibliothèque : http://www.sudoc.fr/022282033

Garnier, B. et Guérin-Pace, F. (2010). Appliquer les méthodes de la statistique textuelle. Paris : CEPED.
Très pédagogique, ce texte est facile à aborder et donne pas mal de premières pistes d’interprétation intéressantes. Il est téléchageable intégralement à cette adresse : http://www.ceped.org/fr/publications-ressources/editions-du-ceped-1988-2012/les-clefs-pour/article/appliquer-les-methodes-de-la

Kalampalikis, N. (2003). L’apport de la méthode Alceste dans l’analyse des représentations sociales. Dans J.-C. Abric (dir.), Méthodes d’étude des représentations sociales (p. 147‑163). Paris : Erès.
Un chapitre d’ouvrage qui donne des clés d’interprétation sur la classification obtenue d’après le corpus analysé, en s’appuyant pas à pas sur un exemple concret.

Lebart, L. et Salem, A. (1994). Statistique textuelle. Paris : Dunod.
Un ouvrage complet sur le sujet, avec notamment un glossaire, ce qui est bien pratique pour comprendre le domaine. Le texte intégral est téléchargeable à cette adresse : http://ses-perso.telecom-paristech.fr/lebart/ST.html

Mange, J. et Marchand, P. (2007). Oui ou non à la Constitution européenne. L’éloquence du forum. Mots, (83), 121‑137.
Un article très détaillé, qui m’a fourni des pistes pour l’interprétation des AFC et pour l’utilisation du chi2 signé des modalités par classes (dans mon cas). Le texte intégral est disponible à cette adresse : http://mots.revues.org/952

Reinert, M. (2002). Alceste : Un logiciel d’aide pour l’analyse de discours. Notice simplifiée de la version de base commune aux versions 4.x.
Ce n’est pas Iramuteq, certes. Cela dit ce logiciel permettant d’effectuer une analyse fondée sur la méthode Alceste, la lecture du manuel d’utilisation d’Alceste est éclairante sur pas mal de points. Le texte intégral est téléchargeable à cette adresse : http://tic-recherche.crifpe.ca/docs/guides/fr/Alceste_guide.pdf