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Numérique, compétence et communication

En octobre 2014 (déjà ?) j’avais publié un billet sur ce carnet pour partager le live-tweet du colloque organisé par le RESIPROC sur Les métiers de la communication traversés par le numérique.
J’ai conservé un excellent souvenir de cette expérience, au cours de laquelle j’ai rencontré et écouté des personnes passionnantes. J’attendais avec impatience de pouvoir lire leurs contributions, tandis que je peinais à rédiger la mienne… 😉
Un an (et quelques mois) plus tard : Tada ! Le voici, le voilà, le numéro 3 des Cahiers du RESIPROC vient de sortir, je vais enfin pouvoir lire ses articles…
L’avant-propos est téléchargeable en ligne, il accroche bien la lecture et donne envie d’en savoir plus.
Les textes sont présentés dans trois parties distinctes :

  • Un communicateur bousculé par le numérique
  • Quelles compétences à transmettre ?
  • Le regard des professionnels

Outre l’avant-propos rédigé par Alexandre Coutant et Jean-Claude Domenget, on y trouve :

  • L’expertise communicationnelle au prisme de ses instruments : L’exemple de Google Analytics par Thomas Grignon
  • Communication et numérique : entre métiers émergents et discours circulants : Le cas du secteur des télécommunications par Amaia Errecart
  • L’ « animateur de communauté politique » : Faits, réflexions et hypothèses par Lena Alexandra Hübner
  • Modèle communicationnel d’un réseau socionumérique d’entreprise par Hélène Piment*
  • Community management et métiers émergents du numérique : Une analyse des représentations par l’étude des référentiels du marketing et de la communication par Valérie Larroche
  • Développer l’approche par compétences dans la réforme 2013 du programme du DUT Communication des Organisations : Comment faire reconnaître l’intégration d’Internet dans ce DUT ? par Laurent Bobin et Isabelle Vidalenc
  • La communication organisationnelle et numérique : formation en mutation, profession en construction par Sylvie P. Alemanno
  • Un art de l’information et de la communication ? par Antoine Moreau
  • L’appel à un laboratoire en sciences sociales par une agence : Le cas de l’agence Publika par David Gracia et Alexandre Coutant
  • La collaboration entre praticiens et chercheurs par Aurélie Valtat et Sandrine Roginsky

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* NDLR : Oui, j’aime bien faire mon Alain Delon, de temps en temps 🙂

Première publication !

L’an dernier, j’ai participé au colloque « Travail et loisir » organisé du 11 au 13 juin 2014 par le GRIPIC, laboratoire de recherche en SIC du Celsa.
Flyer du colloque Travail et loisir Gripic Celsa 2014
Les actes du colloque viennent de paraître sur le site web du laboratoire, ils sont librement accessibles.
J’ai communiqué avec Valérie Larroche, maître de conférences en SIC, sur une partie de mes recherches concernant le RSE. Il s’agit de ma toute première publication, en co-auteur : « De l’habileté dans les interactions numériques aux compétences professionnelles de l’animateur de communautés en ligne ».
Le début d’une longue série ? 😉

Le RSE dans Cairn et OpenEdition

D’autres chercheurs se sont-ils déjà penchés sur le réseau social d’entreprise ? Depuis quand ? Qu’en disent-ils ?
Voyons si Cairn et OpenEdition peuvent nous aider à répondre à ces questions.

(En réalité, ma recherche d’information sur support électronique a débuté sur Isidore, qui est multi-sources, et les résultats pertinents dans Isidore ne provenant que de Cairn et OpenEdition, je ne mentionne que ces deux sources.)

Impossible bien entendu de rechercher sur l’acronyme « RSE » car il renvoie un très grand nombre de réponses qui concernent quasiment toutes la responsabilité sociale/sociétale des entreprises.

Interrogeons donc sur les expressions « réseau social d’entreprise » et « réseaux sociaux d’entreprise ».

Les recherches qui portent sur le RSE le désignent-elles toujours par ces expressions ? Non, bien sûr. Il est parfois question de « réseau social interne » de « Facebook interne », de RSEI, de ESN, de SNS, etc. Cependant, s’il est parfois nommé autrement, sauf erreur (il se peut bien entendu que je sois passée à côté de quelques articles), tous les articles que j’ai trouvés jusqu’à présent contiennent toujours au moins une occurrence des expressions « réseau social d’entreprise » ou « réseaux sociaux d’entreprise ».
Malgré la précaution de rechercher sur ces expressions, certains articles sont hors sujet, car il est également question de réseaux sociaux d’entreprise au sens sociologique du terme, un sens donc différent de celui du RSE qui m’intéresse.

Après une première lecture des résultats obtenus, j’ai trouvé 51 documents électroniques répondant à mon besoin, publiés entre 2010 et avril 2015.
Les sources sont donc Cairn et OpenEdition, qui proposent des revues, articles, et autres documents en grande majorité académiques, mais pas uniquement. J’ai donc distingué les publications « académiques » des publications de « praticiens », dont le contenu est opérationnel mais ne rend pas compte de recherches scientifiques. J’ai également classé ces parutions en fonction de la discipline dont elles relevaient.

En voici une synthèse chiffrée :

Discipline Type 2010 2011 2012 2013 2014 Total
Economie/Gestion académique 8 2 7 17
praticien 2 1 4 7
Histoire académique 1 1
Lettres et linguistique académique 1 1
Sciences de l’Education académique 1 1
SIC académique 2 3 2 7
praticien 2 1 5 5 3 16
Sociologie académique 1 1
Total   6 1 15 10 19 51

Focalisons sur les documents classés comme « académiques » dans le tableau ci-dessus. On le voit les sciences de gestion en ont publié une large majorité. Viennent ensuite les sciences de l’information et de la communication, où les chiffres sont quasiment inversés par rapport aux sciences de gestion : ce sont en grande majorité des praticiens qui ont publié dans les deux sources consultées.

Que contiennent-ils ?
En bref, la plupart des publications scientifiques envisagent le RSE en tant que dispositif numérique parmi d’autres, qui sont à l’œuvre dans les organisations. Ce faisant, leurs auteurs étudient un ensemble d’éléments dans lequel ils citent ou ne font qu’évoquer le RSE, comme les TIC et les enjeux de visibilité qui leur sont liés, les systèmes de gestion des connaissances et leur régulation ou encore les technologies collaboratives et leur contribution à la configuration des organisations.
Les quelques travaux de recherche qui s’intéressent exclusivement au RSE l’envisagent comme un alias de Facebook interne ou comme un « réseau social interne », support numérique de nouveaux régimes de connectivité dans l’entreprise.

Pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet, la liste des 51 références que j’ai sélectionnées se trouve ci-dessous. Si d’aventure certains d’entre vous ont connaissance d’une publication scientifique au format électronique qui s’intéresse au RSE et qui ne figure pas encore dans cette liste, je serais bien entendu ravie de l’ajouter 😉

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Abelin, J.-L., Aper, G., Maltinti, G. et Monneuse, D. (2014). Les réseaux sociaux d’entreprise tiennent-ils leurs promesses ? Le journal de l’école de Paris du management, 110(6), 8.

Andonova, Y. et Vacher, B. (2014). ‪Nouvelles formes de visibilité des individus en entreprise : technologie et temporalité‪. Communication & Organisation, 44(2), 5‑14.

Autissier, D., Johnson, K. J. et Moutot, J.-M. (2014). La conduite du changement pour et avec les technologies digitales. Question(s) de management, 7(3), 79.

Barbier, J.-Y. et Boissonnet, C. (2014). Gestion des connaissances et dynamiques collaboratives dans les pôles de compétitivité. Management & Avenir, 67(1), 136.

Bertin, E. et Tran, S. (2012). L’organisation multipolaire bouscule le management. L’Expansion Management Review, 147(4), 120.

Bolon, P.-L., Bouillon, J.-L., Thierry, B., Schröter, H. et Haakenstad, A. (2014). La circulation et le transfert de l’information dans les entreprises. Entreprises et histoire, 75(2), 102‑116.

Bonneau, C. (2013). Travailler à haute voix sur Twitter. Quand la collaboration informelle emprunte un réseau public. tic&société, 7(1).

Bouchez, J. (2014). L’émergence des communautés de pratique pilotées. L’Expansion Management Review, 154(3), 121‑130.

Bouchez, J.-P. (2014). Autour de « l’économie du savoir » : ses composantes, ses dynamiques et ses enjeux. Savoirs, 34(1), 9.

Bruna, M. G. (2014). Quelques thèses sur la confiance. Question(s) de management, 8(4), 103.

Bruna, M. G. et Deluzet, M. (2014). (Re)tissage de la confiance et nouveau pacte social : défis et conditions de déploiement des politiques du capital humain. Question(s) de management, 8(4), 57.

Carmes, M. (2010). L’innovation organisationnelle sous les tensions performatives. Propositions pour l’analyse d´une co-construction conflictuelle des politiques et pratiques numériques. Les cahiers du numérique, 6(4), 15‑37.

Carmes, M. (2013). Territorialisations socionumériques et sémio-politiques organisationnelles. Dans M. Carmes et J.-M. Noyer (dir.), Les débats du numérique (pp. 99‑135). Paris: Presses des Mines.

Chartron, G. (2013). Réseaux et documentation, un lien originel à revisiter. Documentaliste-Sciences de l’Information, 50(2), 24.

Chartron, G., Broudoux, É., Moreau, F., Cavalier, F., Barrand, A., Tremblay, J.-M., … Giusti, A. (2013). Transformation numérique des réseaux. Documentaliste-Sciences de l’Information, 50(2), 46.

Chérigny, F. (2012). La charte des bons usages des services de réseautage social, outil juridique au service d’une stratégie-réseau. Revue internationale d’intelligence économiqia, 4(1), 71‑85.

Cucchi, A. (2013). « Visibilité du capital social à travers les médias sociaux : Études de cas sur les dynamiques sociales de l’appropriation d’un outil d’Analyse de Réseaux Sociaux », par Myriam Karoui. Systèmes d’information & management, 18(1), 126.

De Lavergne, C. et Heïd, M.-C. (2013). Former à et par la collaboration numérique :: quels enjeux pour l’enseignement universitaire ? Tic & société, (Vol. 7, N° 1).

Deltour, F. (2013). Sébastien Tran (coord.) (2013), L’impact du Web 2.0 sur les organisations: Editions Springer, ISBN 978-2-8178-0432-3. Systèmes d’information & management, 18(2), 161.

Denervaud, I., Bouferrache, D., Thiollet, A.-M. et Vallejo, J.-L. (2012). Les nouveaux usages bousculent les stratégies IT. L’Expansion Management Review, 145(2), 92.

Denervaud, I., Dupuis, M. et Courcelle Labrousse, S. (2014). Innovation et digital : une convergence inéluctable. L’Expansion Management Review, 153(2), 96.

Denervaud, I., Gérardin, O., Noé, M., Souplet, C.-A. et Tartar, M. (2010). L’innovation collaborative dans tous ses états. L’Expansion Management Review, 138(3), 110.

Deschamps, C. (2012). Les multiples facettes de la curation. Documentaliste-Sciences de l’Information, 49(1), 22.

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Dudezert, A., Roulleaux Dugage, M., Chauvin, F., Martin, F., Lemieux, É., Boisserpe, P., … Bruillon, É. (2012). Le KM au coeur de la stratégie d’entreprise. Documentaliste-Sciences de l’Information, 49(2), 26.

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Gaglio, G. et Foli, O. (2012). L’improbable pérennité des journaux internes. Annales des Mines – Gérer et comprendre, 110(4), 6.

Galinon-Mélénec, B. (2010). Réseaux sociaux d’entreprise et DRH. Communication et organisation, 37, 41–51.

Garnier, A., Guérin, G., Le Deuff, O., Deschamps, C., Henrotte, G., Blas, F., … Delcroix, É. (2012). À l’échelle des organisations. Documentaliste-Sciences de l’Information, 49(1), 46.

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Gicquel, F. (2014). Quelles compétences pour la transformation numérique ? Documentaliste-Sciences de l’Information, Vol. 51(4), 9.

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Karoui, M. et Dudezert, A. (2012). Capital social et enjeux de pouvoir : une perspective socio-politique de l’appropriation d’une technologie de réseaux sociaux au sein d’une collectivité territoriale. Systèmes d’information & management, 17(1), 49.

Khalil, C. et Dudezert, A. (2014). Entre autonomie et contrôle : quelle régulation pour les systèmes de gestion des connaissances ? Systèmes d’information & management, 19(1), 51‑76.

Lecocq, C., Créplet, F., Ulmer, G., Hazaël-Massieux, D., Silber, G.-A., Ertzscheid, O. et Bourhis, O. (2012). Technologies de la mobilité. Documentaliste-Sciences de l’Information, 49(3), 26.

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Paris, T. (2014). Éditorial: L’esprit de coopération. Le journal de l’école de Paris du management, 110(6), 3.

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Tran, S. (2014). Quelle contribution des technologies collaboratives à la configuration des organisations ? Systèmes d’information & management, 19(2), 75‑111.

La gestion collaborative des connaissances vue par des éditeurs

J’en parlais dans le précédent billet, il a été question de réseau social d’entreprise et de gestion collaborative des connaissances lors d’une rencontre organisée le 2 décembre dernier à Lyon.

Il s’agissait dans un premier temps d’une table ronde, animée par @OlivierRoberget, journaliste de la revue en ligne Collaboratif-info. Étaient invités à débattre @VincentBouthors, @garniera et @tlg.

Deux heures d’échanges rondement menées, avec @solaci pour les questions provenant du public et des participants sur Twitter, qui utilisaient le hashtag #3E3VRSE.

Grâce à l’équipe technique de @insadelyon l’ensemble a été enregistré en vidéo consultable en ligne, en streaming. [Edit 2018-05-20 : la vidéo semble avoir été supprimée du serveur de l’INSA Lyon et n’est donc plus accessible…]

Grâce à la participation active des twittos, 2 storify ont été édités, qui permettent de relire ce qu’ils retenaient de ces échanges : l’un par @Pixel_Cec et l’autre par @helenepiment.
[Edit 2018-05-20 : Storify a cessé son activité et coupé les accès, donc il n’y a plus rien à voir…]

Enfin, grâce à l’équipe bénévole de l’ADBS Lyon, avec l’aide d’étudiants en master SIBIST de l’enssib, l’accueil et l’organisation générale ont été plébiscités par les 123 participants.

Après avoir échangé, plus tôt dans l’année, sur des retours d’expérience en matière d’animation de réseau et plus particulièrement de gestion de réseau social d’entreprise par des community managers et chefs de projet internes, il était particulièrement intéressant d’une part d’entendre le point de vue d’un journaliste spécialisé et d’éditeurs de solutions, et d’autre part de connaître les réactions d’étudiants et de professionnels de l’information, connaisseurs ou néophytes, sur ces visions qui leur étaient communiquées.

RSE à tous les étages !

Ce matin j’animais une table ronde intitulée « Communication et information : du community manager au RSE » à l’enssib, ce qui m’a permis d’échanger avec Jérôme Deiss, un véritable « communicateur », Eric Debonne, un expert de la veille, des moteurs de recherche et des RSE, ainsi qu’avec Bastien Thoral, un spécialiste des systèmes d’information collaboratifs. Une discussion enrichissante, avec différents points de vue sur l’animation de communauté et ses spécificités lorsqu’il s’agit de RSE.

Le réseau social d’entreprise sera à nouveau à l’honneur à Lyon le 2 décembre 2014, à l’occasion d’une rencontre inédite avec 3 éditeurs de solutions RSE.

Cet événement est exceptionnel car il offre :

– un plateau de 3 PDG (pas de commerciaux ou avant-ventes ou consultants), qui seront interviewés par 1 journaliste expert,
– un mini-salon spécialisé sur place (ce qui évite de voyager jusqu’à Paris pour aller dans un salon pro, car ces éditeurs se déplacent rarement à Lyon habituellement)
– la possibilité de tester gratuitement et librement chacun des 3 produits, ce qui est plutôt difficile à obtenir habituellement, sauf si on a un budget et un projet solide

La participation est gratuite, sur inscription.

Pour suivre la rencontre, la commenter, poser des questions, etc. sur Twitter, le hashtag est #3E3VRSE


Storify du colloque #RESIPROC14

J’ai participé la semaine dernière au colloque 2014 du Resiproc. Ce Réseau international sur la professionalisation des communicateurs regroupe des chercheurs et praticiens belges, français et canadiens.

Le colloque étant live-tweeté, j’ai trouvé amusant, pour l’occasion et vu le sujet, d’en faire une histoire sur Storify, que voici : (cliquez sur « Page suivante » pour dérouler l’histoire)
[Edit 2018-05-20 : Storify a cessé son activité et coupé les accès, donc il n’y a plus rien à voir…]

Le réseau en modèle

Un réseau, en dehors de toute discipline particulière, a des propriétés intrinsèques, sur lesquelles différentes conceptions théoriques se sont basées (ou se basent) pour développer leur propre modèle.

En effet, quel que soit le champ scientifique empruntant à ce terme, le réseau est caractérisé par son aspect de maillage, tissage de nœuds plus ou moins équivalent reliés point à point, ses qualités d’ouverture, d’extension et de souplesse ainsi que sa capacité et à enserrer solidement, et à évoluer en permanence.
Ces propriétés caractéristiques confèrent à la figure du réseau une efficacité illustrative, ce qui lui vaut d’être exploitée dans de nombreux domaines, très divers, notamment dans des théories économiques qui voient dans l’organisation en réseau un modèle prometteur.

Pierre Musso, dans son ouvrage de critique des réseaux (Musso, 2003), évoque en particulier la philosophie des réseaux développée par Claude-Henri de Saint-Simon au début du dix-neuvième siècle, dont la vision prend appui sur les innovations techniques pour élaborer une doctrine socio-économique.
Le développement de grands travaux, c’est à dire de réseaux, serait libérateur, pour Saint-Simon, car ceux-ci pourvoiraient en emplois et en bénéfices industriels. Pour Musso, l’idéologie des réseaux prend racine dans cette philosophie de Saint-Simon, qui aurait ensuite évolué vers un fonctionnement de type sectaire, où les disciples du saint-simonisme s’attribuent un rôle apostolique.

Manuel Castells développe également le modèle d’une économie fondée sur la figure du réseau (Castells, 1998). Il constate que le réseau est sous-jacent à la structure de base de la société actuelle.
Dans son ouvrage, Castells décrit l’émergence d’une société informationnelle où ce qu’il nomme l’« informationnalisme » serait une sorte de capitalisme informationnel dans lequel l’information serait la matière première des innovations futures.

Pour Castells, il s’agit d’un mode récent de développement des sociétés, auquel est associée la nouvelle structure sociale que représente l’entreprise en réseau. Ce fonctionnement serait efficace du fait même de l’organisation des entreprises en réseau, qui favorise l’activité de traitement du savoir, l’une des caractéristiques de l’informationnalisme, car « les organisations qui réussissent sont celles qui peuvent générer du savoir et traiter l’information, s’adapter à la géométrie variable de l’économie globale, être assez souples pour changer leurs moyens aussi vite que leurs objectifs évoluent, sous l’impact des rapides transformations culturelles, technologiques et institutionnelles ; et innover, l’innovation devenant l’arme clé de la concurrence. » (Castells, 1998 : 208).

Ces deux modèles théoriques relient le bénéfice financier au développement technique qui suit la forme du réseau et hérite ainsi de ses propriétés.

Boltanski et Chiapello, dans l’aperçu qu’ils donnent de la multiplication des travaux sur les réseaux, indiquent qu’ « il n’est pas la peine d’insister, tant cela va de soi, sur la façon dont le développement considérable des dispositifs techniques de communication et de transport, a pu stimuler l’imagination connexionniste. » (Boltanski et Chiapello, 1999 : 227).
Dans la littérature de management des années 1990 qu’ils ont étudiée, la référence au réseau est associée à ses qualités d’ouverture et d’extension, contrairement à la littérature de management des années 1960 qui, le peu de fois où elle utilise le vocable, fait plutôt référence aux mailles d’un réseau contenant et contraignant, tel un filet de pêche.

On le voit avec ces trois références, l’image du réseau est récurrente dans la sphère économique et entrepreneuriale pour représenter des valeurs positives et innovantes de gouvernance d’entreprise et de management des salariés.

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BOLTANSKI, Luc et CHIAPELLO, Ève, 1999. Le nouvel esprit du capitalisme. Paris : Gallimard.
CASTELLS, Manuel, 1998. La société en réseaux. Paris : Fayard.
MUSSO, Pierre, 2003. Critique des réseaux. Paris : Presses universitaires de France.

Réseau socionumérique

Définie plus précisément dans un précédent billet, la dénomination « réseau social d’entreprise » fait directement référence aux « réseaux sociaux » actuels, notamment au plus populaire d’entre eux à ce jour, Facebook, qui comptait environ 800 millions de membres au niveau mondial en 2012.

Ce qui n’est pas sans causer quelques problèmes de compréhension, tant au niveau des dirigeants qu’à celui des salariés des organisations : quel intérêt y aurait-il à utiliser un logiciel comme Facebook au sein même de celles-ci ? Une ambiguïté se forme sur la contradiction que semble représenter l’usage d’un Facebook interne pour l’activité salariée.
Car il s’agit d’ « un type de dispositifs qui s’appuie directement sur Internet pour constituer ou reconstituer des chaînes de relations interpersonnelles dans un espace conversationnel non fini, aboutissant à des maillages de connexions sociales à des fins personnelles ou professionnelles » (Breton, Proulx, 2012).

Pour quelle raison, dans ce cas, serait-il nécessaire d’ajouter aux outils de soutien à la productivité d’entreprise un dispositif qui engendre des « comportements disparates relevant tantôt de la présentation de soi pouvant aller jusqu’à des formes de narcissisme total, tantôt d’un bavardage en ligne où se mêlent conversations privées et prises de parole publiques » (Breton, Proulx, 2012) ?

Une récente enquête que la société Ipsos a conduite pour Microsoft cherche justement à connaître la perception que les employés ont de ce genre de dispositifs (Microsoft, Ipsos, 2013). Publiée par Microsoft pour alimenter l’effort de communication déployé autour du rachat du logiciel de RSE Yammer et de son intégration prochaine dans SharePoint, cette étude pointe par exemple le doute exprimé par les personnes interrogées sur le bénéfice que les « réseaux sociaux » pourraient apporter à « leur productivité ».

Thomas Stenger et Alexandre Coutant (Stenger, Coutant, 2011) introduisent une distinction intéressante entre les « réseaux sociaux » et l’appellation générique « médias sociaux », qui est généralement employée pour regrouper à la fois les blogs, les communautés en ligne, les wikis, les sites de partage en ligne et les réseaux socionumériques.
En effet, ces dispositifs ont en commun la possibilité pour tout membre intégré de participer, voire de contribuer à la production d’information en leur sein. Ce qui est par ailleurs également le cas de tout site web proposant une fonctionnalité de commentaire plus ou moins élaborée. On parle alors de contenu généré par l’utilisateur, résumé dans l’acronyme UGC pour User Generated Content. Mais ce seul point commun n’est pas suffisamment caractéristique pour permettre d’étudier précisément chacun de ces outils et d’en dégager ainsi les enjeux.
Les auteurs s’appuient donc sur le type d’activité se déroulant sur les plateformes correspondantes pour opérer la distinction qu’ils proposent. Car les résultats d’une enquête compréhensive de grande envergure menée pendant plusieurs années par le Digital Youth Project, dirigé par Itō, ont permis de dégager deux grands types d’activités en ligne : celles qui sont motivées par la recherche d’amitié et celles qui sont motivées par la recherche d’intérêts communs (Itō, 2010).
Or il se trouve que « la plupart des sites regroupés sous l’appellation « médias sociaux » abritent effectivement des activités guidées par un intérêt particulier : regroupement autour de passions, de pratiques, usage professionnel (veille, réseautage, recherche d’opportunités professionnelles), création ou partage de contenu (connaissances, vidéos, photos, liens), rencontre amoureuse. » (Stenger, Coutant, 2011). Les activités dans les « réseaux sociaux », qu’ils nomment réseaux socionumériques, seraient plus conformes à la recherche d’amitié, ou plus exactement de liens sociaux. « Elles correspondent souvent à ce que Lahire qualifie d’activités prétextes à propos des pratiques culturelles des individus : elles valent moins pour elles-mêmes que pour l’occasion qu’elles fournissent de se retrouver ensemble » (Stenger, Coutant, 2011).

Basée sur ces précisions, j’utilise de préférence le terme de réseau socionumérique pour désigner ce que Dominique Cardon nomme « réseaux sociaux de l’Internet » (Cardon, 2011), Pierre Mercklé « réseaux sociaux en ligne » (Mercklé, 2011) ou danah boyd « sites de réseaux sociaux » (boyd, Ellison, 2007), mais en conservant cette distinction qui me semble essentielle, c’est-à-dire en considérant qu’il s’agit de dispositifs qui favorisent la recherche de liens sociaux.

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BOYD, danah m. et ELLISON, Nicole B., 2007. « Social Network Sites: Definition, History, and Scholarship ». Dans : Journal of Computer-Mediated Communication. 2007. Vol. 13, n° 1, p. 210‑230.
BRETON, Philippe et PROULX, Serge, 2012. L’explosion de la communication. 4ème édition. Paris : La Découverte.
CARDON, Dominique, 2011. « Réseaux sociaux de l’Internet ». Dans : Communications. 2011.
ITŌ, Mizuko, 2010. Hanging out, messing around, and geeking out: Kids living and learning with new media. Cambridge : MIT Press.
MERCKLÉ, Pierre, 2011. Sociologie des réseaux sociaux. Nouvelle éd. Paris : La Découverte.
MICROSOFT et IPSOS, 2013. Etude IPSOS pour Microsoft : 25% des salariés français reconnaissent les outils sociaux comme des leviers de productivité pour leur entreprise, – Communiqués de presse Microsoft [en ligne]. S.l. Disponible à l’adresse : https://news.microsoft.com/fr-fr/2013/05/28/etude-ipsos-pour-microsoft-25-des-salaries-francais-reconnaissent-les-outils-sociaux-comme-des-leviers-de-productivite-pour-leur-entreprise/.
STENGER, Thomas et COUTANT, Alexandre, 2011. « Introduction ». Dans : Hermès. 2011. n° 59, p. 9–17.

Réseau social d’entreprise

A peine était-il né que le concept de réseau social d’entreprise, ou RSE, a périodiquement été remis en question et débattu, par ses propres promoteurs, notamment au sujet de sa définition et de sa dénomination.

Un ouvrage qui lui est consacré, paru en 2011, le définit ainsi : « l’ensemble des individus qui prennent part à une activité d’un business et dont on matérialise dans le numérique les interactions sociales autour de cette activité afin de l’améliorer » (Garnier, Hervier, 2011).

Cette dénomination, RSE, fait écho aux réseaux socionumériques publics (au sens où quiconque peut en être membre, en dehors donc d’un contexte particulier d’organisation), notamment au plus populaire d’entre eux actuellement : Facebook. Ceux-ci font l’objet de nombreuses publications scientifiques. La revue Hermès, par exemple, a publié un numéro consacré à ce sujet en 2011, où l’on constate qu’ils ont été étudiés sous des angles anthropologiques, sociologiques, politiques, informationnels, économiques, psychologiques ou communicationnels, qui mettent en lumière, entre autres, des enjeux d’espace public et privé (Miège, 2010), d’interaction sociale (Proulx, Kwok Choon, 2011 ; Coutant, 2011), de mise en scène de soi (Cardon, 2008) ou de pérennité de l’information et de mémoire numérique (Merzeau, 2009).

Les fonctionnalités logicielles des RSE sont donc issues de celles des réseaux socionumériques tels Facebook, qui a été créé en 2004 et a été rendu public en 2006.
Elles gèrent au minimum : le profil de membre, qui comporte des informations d’identité renseignées par formulaire qui peuvent être textuelles et iconographiques, un espace d’expression et de partage pour celui-ci, l’actualisation de l’activité de chacun, la visibilité de tous, la constitution de groupes ou communautés et la recherche d’information dans le RSE.

En synthèse, l’objet de ma recherche est un réseau socionumérique, comme Facebook, mais privé, utilisé dans le monde du travail, par des salariés au sein d’une organisation. Il est constitué d’acteurs, de techniques et d’objets matériels en interaction permanente, installés dans un contexte défini, visant à produire des actions et mettant en œuvre des processus d’information et de communication. En ce sens, je l’entends comme un dispositif info-communicationnel (Couzinet, 2011).

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CARDON, Dominique, 2008. « Le design de la visibilité : un essai de cartographie du web 2.0 ». Dans : Réseaux. 2008. Vol. 152, n° 6, p. 93–137.
COUTANT, Alexandre, 2011. « Des techniques de soi ambivalentes ». Dans : Hermès. 2011. n° 59, p. 53–58.
COUZINET, Viviane, 2011. « Les dispositifs : question documentaire ». Dans : GARDIÈS, Cécile (éd.), Approche de l’information-documentation. Concepts fondateurs. Toulouse : Cépaduès Editions. p. 117–130.
GARNIER, Alain et HERVIER, Guy, 2011. Le réseau social d’entreprise. Paris : Hermès science publications : Lavoisier.
MERZEAU, Louise, 2009. « Du signe à la trace : l’information sur mesure ». Dans : Hermès. 2009. n° 53, p. 23–29.
MIÈGE, Bernard, 2010. L’espace public contemporain approche info-communicationnelle. Grenoble : Presses universitaires de Grenoble.
PROULX, Serge et KWOK CHOON, Mary Jane, 2011. « L’usage des réseaux socionumériques : une intériorisation douce et progressive du contrôle social ». Dans : Hermès. 2011. n° 59, p. 105–111.