La surface de ma peau

Chronique d’un rendez-vous manqué

Je t’ai reconnue quand tu m’as à peine vu
Mon âme en frémit, j’en crève
De l’intérieur à la surface de ma peau
Si seulement la tienne s’éveillait, tu saurais
Le foutoir joyeux que ce serait
Tes yeux en pétilleraient, voraces
De cet heureux délice

Mais tu m’as à peine vu, quand je t’ai reconnue
Bien barricadée derrière ta vie ordonnée, ta rationalité
Tu anticipes, tu prévois, tu programmes
Terrifiée que tu es par l’imprévu, l’inconnu
La maîtrise te gouverne, sage automate
Ton corps entier est discipliné, ne se laisse jamais aller
Même en musique, les yeux fermés… on croit rêver !

Je t’ai reconnue quand tu m’as à peine vu
Aveuglée par ta raison, tu n’exprimes aucune émotion
Elles sont emprisonnées, bien à l’abri
Avec ton âme endormie
Elle, m’a senti
Elle, te pousse, mais tu ne comprends pas
Tu t’inventes des justifications

Car tu m’as à peine vu, quand je t’ai reconnue
Je patiente, je fulmine, me consume à petit feu
Puisque je sais
Le bonheur que ce serait
Pour nos âmes, nos corps, nos peaux
De se retrouver enfin
Après leurs errements éperdus

Je t’ai reconnue quand tu m’as à peine vu
Tu ne laisses aucune chance au hasard
Aucune place à ton instinct
Tu reste engoncée dans le corset
Que t’as tressé la société
Aucun écart à la norme n’est toléré
Certes, je suis spécial, incasable, un peu marginal

Quand oseras-tu me voir et toucher la surface de ma peau ?

2 réflexions au sujet de « La surface de ma peau »

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